C’était lors des inscriptions de l’Assaut de la Cabane, la nouvelle tombe : « on est prit à la Pierra Menta » ! Retour sur cet évènement hors-norme qu'ont vécu Alex et François !

Mardi 7 mars, direction Arêche Beaufort pour la reine des courses de ski alpinisme. Les meilleurs coureurs au monde seront au départ, 10 000 m de D+ en 4 jours, des parcours techniques et montagnes à souhait et une ambiance « tour de France » nous attendent.

François est en rémission d’un état grippal et en général on conseil plutôt le repos pour soigner ce genre de chose mais une Pierra Menta ça soigne aussi un bonhomme…

Arrivée à Arêche, retrait des dossards, contrôle du matériel, retrait des clés (du chalet en travaux tenu par un hurluberlu !). On retrouve Hugo et David avec qui on passera la semaine, et Pascal, notre plus fidèle supporter. Ensuite premier briefing et présentation des équipes favorites dans l’église du village avec un avant goût d’ambiance.

Pierra_Menta__2J1 – 2350 D+ - temps couvert – neige fraiche, risque avalanche 4/5

On est en fond de peloton sur la ligne quand le départ de la 32eme Pierra Ment’ est donné. Nous faisons la première montée en gérant, François fait encore passer sa crève et il ne faut pas se suicider tout de suite. Première descente en forêt plutôt technique, les cuisses chauffent mais François reprend du poil de la bête et ce sera la résurrection pour lui à partir de ce moment. Avec des peaux qui bottent sur toute la montée suivante de 900 m de D+, des descentes un peu trop à l’attaque et des erreurs d’alimentation Alex finit cette étape déjà bien entamé. 85ème en 3h13, pas si mal ! Nous sommes ébahis par l’organisation qui sort un vrai parcours de ski alpinisme par risque 4 avec 1 m de neige (on n’aurait pas aimé tracer, bravo à eux). L’après midi nous mettons la routine en place : repas (plutôt engloutissement de tout ce qui passe), sieste, massage puis briefing avant d’engloutir à nouveau.

J2 – 2350 de D+ - éclaircies, redoux, neige lourde, risque 4/5

L’organisation change complètement le parcours, inimaginable de faire passer 400 coureurs en haute montagne au vu des conditions. Le départ est donné à 7h45 et les traceurs n’ont toujours pas décidé du passage de la dernière descente ! (ils doivent être bien à bout après 4 jours) Le départ se fait avec une première descente en peaux suivi d’une descente sur piste à ski. Alex n’a pas la glisse des fondeurs et beaucoup d’équipes passent alors que nous partions deuxième ligne. On traverse à pied le village d’Arêche avant d’entamer la première longue montée. On ne la fait pas à bloc à cause des bouchons (c’est pas plus mal). Le parcours est très long (28 km) et nous mettons 3h41 (89ème) pour boucler un beau parcours en forêt qui nous donnera du fil à retordre. Les conséquences du chaud humide sur les pieds ne sont pas belles à voir, ampoules pour tout le monde, la suite va être dure…

J3 – 2650  D+ - beau temps, neige croutée, risque 3/5
La veille, au briefing, l’organisation est soulagée de pouvoir nous proposer un parcours en haute montagne. Le soleil brillera toute la journée. Le départ se fait avec la même descente en peaux qui nous coûte de nouveaux des places mais nous montons dans le raide ensuite pour étirer le peloton. La piste est gelée et il faut rester concentrer pour garder l’adhérence ou ne pas être percuté par un coureur qui dévisse (si si c’est le gros chantier !). Première descente en mode ski cross dans le peloton et on attaque la longue montée du jour : 1100 D+ et 138 conversions. Nous montons à un bon rythme et on retrouve Pascal au sommet, fidèle au poste. Première descente avec au choix la neige « défoncée » par les coureurs nous précédant où la croute sur le côté. On fait le choix de la croute qui semble porter car plus reposante pour les cuisses et permettant de skier plus vite, mais si on passe à travers c’est le crash assuré avec casse de genoux et de skis. On repart pour 550 m de D+ et on fait une belle montée en reprenant des positions. Le final de la montée sera aussi la première arrête du parcours et ça fait du bien d’enlever un peu les skis. On retrouve Pascal, on remet les skis et on descend avant de remonter et de redescendre (c’est le principe du ski alpi) vers l’arrivée avec 1100 m de descente qui nous transforment les cuisses en bouts de bois. 3h35 et 79 ème, belle étape. Le soir, épuisés, après avoir avalé 3 plats de pâtes bolo pour 4, nous allons nous coucher, demain c’est le Grand Mont…

J4 – Étape du grand mont 2750 D+ – beau temps – neige de printemps, risque 2/5
Pierra_Menta__1Aujourd’hui c’est l’étape reine et la montagne est illuminée par les frontales des spectateurs qui montent se masser au col de la Forclaz avec cloches, soupe, fondue et gniole où nous passerons 4 fois. Nous sommes rejoints sur la deuxième ligne par David et Hugo qui ont le couteau entre les dents. 7h, on part directement dans la première montée, ce qui nous évite de perdre des places sur la glisse médiocre d’Alex mais il nous faudra monter 1100 D+ dont 100 m de couloir avant de profiter de l’ambiance de folie. Nous arrivons en haut avec David et Hugo qui ont fait une superbe montée. Ils nous colleront au moins 1 minute par descente (beaucoup plus à la dernière). On remonte au col de la Forclaz et c’est la fameuse arrête de l’antécime du Grand Mont, grosse ambiance, ça bouche un peu mais tant mieux on peut boire et manger. Alex est bien entamé et on sort l’élastique pour l’avant dernière montée (600 D+), François a définitivement soigné son mal et fait une grosse étape. La dernière montée fait 220 D+ et finit par un couloir. On finit au mental, ça brule de partout, vidé, le dernier portage sonnera la fin d’une journée vraiment dans le dur pour Alex. Défoncés mais pas arrêtés non plus puisque pour ces 110md+ skis sur le dos (skis+sac=4.5kg les gourdes vides) nous montons encore à 850m/h. Heureusement que ca se termine là haut! Ha non, il faut redescendre...

Nous bouclons cette Pierra Ment’ en 75ème position mais ce n’est pas ça que nous retiendrons.

Nous avons vécu le mythe, parcouru 10 000 D+ en 4 jours sur des parcours techniques parmi des coureurs de très haut niveau et déjà finir la Pierra, c’est un challenge !

Encore un grand bravo à l’organisation, il n’y a pas de mot pour rendre hommage au boulot qu’ils ont fait dans ces conditions de neige.

Samedi soir en rentrant, plus trop envie de sortir les skis, mais déjà dimanche on se dit que ce serait quand même à refaire !

 

Actu Alex P