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AFFICHE_CEZO


 


 


 

Plus dure, plus belle .....

C'est à 6h00, ce vendredi 26 aout, à Vizille, que le départ de cette aventure est lancé.

Les conditions climatiques sont parfaites voires très tres chaudes (trop à mon goût) et elles le resteront jusqu'à dimanche. Dans ma tête l'objectif est de 1- finir ce 2e ultra de l'été - et 2 - si possible avant la 2è nuit,

En jetant un œil sur le profil, sur les 30 premiers kilomètres on passe de 285m à 2926m d'altitude... . Le hors d'œuvre est tout simplement indigeste alors pas d'affolement, partons prudemment ! Cette première partie est tout simplement magnifique. En quelques heures on arrive en haute montagne, avec ses lacs et ses montagnes majestueuses aux contours déchirés. Je sais à présent ce que je suis venu faire ici !

EB_3Au 28e km, je retrouve Caro qui va faire la boucle jusqu'au sommet de la Croix de Belledonne à 2926 m. La montée à la Croix est rude, sans répit et elle se fait en aller-retour. Les pierriers et les névés sont déjà bien présents et sollicitent déjà beaucoup d'attention et d'énergie. Mais c'est rien en comparaison de ce qui nous attends par la suite...

Dans la descente, j'accélère un peu, je ne reverrais Caro qu'en début de soirée à la 1ere base de vie au Pleynet, km 62. Le sentier devient bien marqué et je peux enfin reprendre un rythme de croisière jusqu'au refuge Jean Collet. Ensuite, ce sont 20 km de haute montagne jusqu'au Pleynet et 2 gros cols à franchir.

Il fait encore très chaud et à chaque torrent que nous croisons, je trempe la casquette et/ou je prends le temps de sauter dans un lac à 2400m d'altitude.

20h30 : J'entre enfin au Pleynet, 1ere base de vie de l'Echappée Belle. 15h00 de course déjà, 62 km et 6000m de dénivelé parcourus. Presque la moitié... J'apprends que beaucoup de coureurs ont déjà abandonné et que certains ne repartiront pas du Pleynet . Je me fait chouchouter par Caro, mais je ne traine pas trop la nuit tombe et le températures aussi ... il faut donc en profiter !

00h40 : petite halte au  refuge des Gleyzins avant le gros morceaux de cet ultra : le col Moretan ! Un kilomètre vertical en plein milieu de la nuit: 10 km et 1500m+ !  le temps d’un instant, le doute s'installe quand même ! Mais on repart rapido avec le copain (rencontré dans la descente) histoire de ne pas s’endormir !

La nuit est paisible, pas un bruit, pas de vent, au loin là-haut, tout là-haut, des petites lumières bougent, c'est si loin, ce sont des frontales... 5 km de montée hors sentier, 1500m+ dans les blocs, suivi d'une descente verglacée assez dangereuse, sécurisée seulement par endroits par quelques cordes fixes, suivie d'une crête vertigineuse, à pic, glissante, jusqu'au Lac Moretan.

Je suis content j'effectue une bonne montée régulière, sans pause et rattrape même des coureurs juste avant le sommet. Dans la descente je casse  unde mes bâtons. Finalement, je rejoins l'Italienne, 1er féminine, juste au lever du jour et nous repartons ensemble en direction de Super Collet la 2e base de vie, km98.

8h15 : Changement de bâtons !  Caro repart avec moi pour la grosse montée au sortir du ravitaillement ....La suite est tout simplement grandiose . C'est sauvage, isolé, en mono traces, technique et aérien, c'est la crête des Férices. C'est le paradis. Le panorama est tout simplement exceptionnel mais la chaleur tape à nouveau !!!

Et ce qui devait arriver, arriva ....moi qui est eu du mal à réguler ma température toute la nuit, mon corps bouillonne. Le soleil tape fort en altitude, et je suis proche de l’insolation et je n’avance plus !!!!

A 2 km du ravito de Val Pelouse (km 114), Caro me récupérè bien inquiète !!  Un médecin m’arrose d’eau et me donne un doliprane pour faire descendre la température . Je n’arrive plus rien à avaler,  Caro essaie de me motiver, me donner à manger mais j’ai un peu perdu l’envie .. je prends 30 mn histoire de me requinquer,  d’essayer de manger un bout  puis je repas avec une poche de glace sur la nuque !!!

Une section de 17 km m’attend avec de rejoindre le dernier ravito …..  je reprends quelques forces et les coureurs du 47 km qui me doublent me donnent  le rythme ! Ouf, c’est comme une renaissance, je retrouve un bon rythme …

Au dernier ravito, je reste peu de temps, j’ai rattrapé mon retard et je repars plus que déterminé pour les 15 derniers km ! EB_1

Antoine Guillon, vainqueur du 85 km me double dans la dernière descente vers Aiguebelle ; « accroches toi,  dit-il » , je suis également accompagné par des coureurs du 47 km avec qui je tape un morceau de discut’

Caro me rejoint 3 kms avant l’arrivée finale, elle me donne le rythme sur le dernier plat et je rentre au Parc d'Aiguebelle, enfin, ça y est, je l'ai fait ! je peux faire retentir la fameuse cloche de FINISHER !!!

 Il est 19h20 : 37h20 après le départ de Vizille , je suis 17e au scratch,  j’accueille ma "copine" Italienne qui me rejoint 15 min plus tard !!!!!

S’en suit la douche, la bière (enfin celles de Caro), les soins chez les kinés, la pluie s’abat sur le parc d’arrivée …. Il est temps de repartir avec un tee shirt de finisher en plus, des jambes ultra fatigués, un physique bien atteint mais la fierté d’accrocher  1 ultra de plus à mon CV, seulement 6 semaines après l’ultra d’Andorre !!! (seulement 160 finishers sur 552 partants)

 Une belle aventure partagée sur la course avec Caro, les coureurs et les bénévoles bien présents …du costaud , du très costaud !!!