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L'UTPMA, la course qui monte puissance 10, une course qui affiche complet en 48h ! Cécile et Christophe C ont fait le choix de cette course pour se lancer dans la grande famille des ultras ! Caro C s'affichait sur la distance intermédiaire le 43km !

 Cécile J

Comme je l'ai dit à François (NDLR : Lesca) sur la ligne de départ, c'est une peu à cause (grâce?) à lui que j'étais là ! Et à Magali aussi, bien sûr, tant la vidéo de l'année dernière m'avait faite rêver...
Sitôt le 1er décembre passé (NDLR : ouverture des inscriptions !), l'inquiétude avait peu à peu laissé la place à l'excitation au fil des sorties. La seule interrogation tenait quelque peu à la météo : allais-je enfin voir le Puy Mary en course ? (NDLR: déjà deux échecs par le passé...) J'ai usé et abusé de la méthode Coué en 10 leçons, mais rien n'y a fait !

utpma4Bien vite dépassée par la fusée Christophe, j'ai de bonnes jambes dès le départ, mais un ballon de baudruche à la place de l’estomac, la faute au diner qui n’est pas très bien passé. Résultat : au 1er ravito, un magistral presque vomito ! ça fait déjà 2h15 que je n’ai rien pu manger et pas boire grand-chose. Je passe en avance sur mon timing prévu mais je manque de dégobiller dès le ravito passé. Je continue dans le brouillard, dans des chemins à peu près secs, il faut faire gaffe mais ça passe tranquille.

Vers 5h du matin, mon pote Juju arrive par l'arrière (c'est tout de même la classe de voir tous les autres coureurs!), quel plaisir de faire quelques km ensemble,  dans le brouillard au mielieu de nulle part ! Je le laisse filer après le Perthus, étonnée que je suis d'être encore aussi fraîche. Ça roule jusqu’au Lioran via l'Arpon du Diable que j'avais repéré avec mon pote Lionel sur les conseils de Françoise (déjà dans le brouillard il y a un mois !) , j’ai plus d’une heure et demie d’avance et de toujours relativement bonnes jambes.

Mais à partir de là…. Il se met à pleuvoir à seaux, je comprends qu’on montera pas du tout sur les crêtes et je perds tous mes repères par rapport au dénivelé : le parcours de repli est usant… ils nous amusent à basse altitude… monter, descendre, remonter, redescendre… plus une rallonge de 4km qui en parait 15… sans compter que déjà que je suis une bille en descente sur le sec, là c’est boueux++… donc marcher en montée, marcher en descente… ça devient pas drôle, et toujours sous la pluie et dans le brouillard, avec le vent parfois. Je commence à payer un peu peut-être mes soucis d’alimentation… manger et boire ce qui passe quand ça passe.

Alors je me mets à penser aux organisateurs : double boulot de reco, doucle boulot de balisage, double boulot de débalisage, qu'est-ce que ça a dû être dur pour eux de prendre cette décision ! Au passage, pas un balisage au rabais : un balisage impeccable, inmanquable, du travail de pros. J'apprendrai par la suite qu'ils ont fait le balisage de repli de nuit... Ils connaissent bien leur montagne ces cantalous !

Crédit photo : Cyrille Quintard


Et à penser à toutes ces sorties bien pluvieuses, bien boueuses, toutes ces fois où je suis rentrée cuite, toutes ces fringales qui m'ont tant appris. Et tou(te)s ces coéquipier(e)s aussi, ceux qui font qu'aujourd'hui, je n'ai pas froid, je gère aussi bien que possible cette fichue alimentation, je gère aussi sans trop de mal l'effort long. Je suis pas à fond, je n’ai juste plus trop de moral.

Fin d’après-midi, enfin, on retrouve le soleil. Les derniers kilomètres s'égrainent lentement jusqu'à Aurillac, où nous attend un magnifique coucher de soleil, au-dessus d'une prairie violette et blanche : le ciel couchant dans le ciel rose à ma droite, la pleine lune et le ciel (enfin) bleu à ma gauche. Mille fois je me serais arrêtée pour prendre une photo mais là, mon téléphone est au fond de mon sac et je n'ai pas le courage de le sortir... J’ai juste envie que ça se termiiiiiine… et de garder mes baskets aux pieds, c’est la grosse question à chaque fois que je m’enfonce dans la boue !

Seule motivation pour courir à la fin, rentrer sans ressortir ma frontale : mission remplie, je passe l’arche à 22h22. Christophe est là, qui attend son frangin. Chouette solidarité fraternelle.
Au passage, je salue le mien, de frangin : il vient de passer 24h sans dormir, en se faisant un sang d'encre pour sa petite soeur, aux petits soins aux ravito, lui qui n'y connaissait rien au trail. Tout cycliste qu'il est, il a trouvé l'ambiance sympa et semble avoir apprécié l'expérience. Merci JB

Merci à tous ceux et celles qui m'ont accompagnée et soutenue pendant la préparation et l'effort. Mention spéciale à Caro pour toutes les sorties qu'on s'est mises dans le cornet sur Chanturgue et autres.

Je suis encore partagée entre la tout de même très grande satisfaction de l’avoir fait et la frustration de la météo, du parcours de repli et du temps exponentiel que j’ai mis. Mais au global, pas de bobo et je n’ai jamais douté que j'arriverais. De quoi, un jour peut-être.... ?
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Christophe C
 
Nous y voilà au jour J de la grosse échéance de ma saison de trail après une préparation sans pépin physique!
 
18h arrivé a Aurillac sous la pluie, pour le briefing d avant course : rappel des consignes de sécurité, ajustement de parcours de dernière minute et mise en garde sur la possibilité de partir si un parcours de repli avec l alerte orange orages en fin de journée.19h30 direction retrait des dossards et pasta party accompagnés par mon frère Vincent également sur la course.Ventre plein il ne restait plus qu à regagner la voiture sous une pluie bâtante pour essayer de faire une petite sieste en attendant l heure de départ: 0:05

utpma1Ca y est nous voilà prêt et sur la ligne de départ après la vérification du matériel à l entré du sas. Ouff la pluie c est arrêtée et on peux entrevoir des étoiles dans le ciel nous laissant croire au beau temps au levé du soleil. Personnellement je ne me sentais pas en super forme avant le départ car j avais comme des courbatures suite à mon réveil musculaire de la veille (8km tranquilou en ville) ...

L'ambiance d avant course est bonne , on échange quelques blagues avec des trailers. Le point négatif du départ c est le feu d artifice que nous n avons pas pu voir car masqué derrière un immense immeuble... un loupé dans l orga !La bise au frangin et c est parti pour 105km et 5500m de D+! 

Début sur un rythme qui me semblait tranquille alternant marche rapide et trot au milieu du brouillard sur les crêtes. Arrivé à Velzic les sensations sont pas top avec des douleurs dans les jambes... je me dis ça promet une belle épreuve... je mange un petit peu et c est reparti direction le col de Pertus.

La grosse côte à la sortie de Velzic met tout le monde d accord , je sors les bâtons que je ne rangerai plus . Le rythme est bon ( peut être un peu trop ) maigres des sensations mitigées. Sur les crêtes on se laisse surprendre te tant en tant par la silhouette d une salers vu au dernier moment dans le brouillard. Des vaches pas stressés par les frontales car on avait qu s tendre la main pour les caresser.

Arrivé au col de Pertus la soupe s'impose ainsi que la pause ! Je retrouve un collègue trailer que j avais rencontré sur le MIUT il y a deux ans et on repart ensemble direction les Chazes et la première grosse difficulté: l Arpon du Diable qui nous mènera au sommet du plomb du Cantal. 

Le rythme est bon et on dirait que les jambes vont mieux. Je double la première féminine dans la montée de l Arpon où je me suis permis de prendre des photos tellement ça allait bien . Arrivé au sommet le brouillard ce lève et on aperçoit un rayon de soleil et du ciel bleu qui remonte le moral .

 Je suis prudent dans la descente au lioran et je me fais doubler par les deux premières féminines. 

 Me voilà au Lioran où m'attendaient mes parents à la base de vie. C est la grosse pause , je prend le temps de manger et de me changer alors que les première féminines se sont quasiment pas arrêtées. Toujours pas de pluie, on nous annonce que le parcours est modifié avec le risque d orage du coup direction le col de Rombière au lieu du Bec de l aigle et bascule dans la vallée de Mandaille 

Refait à neuf je repars , toujours pas de pluie mais ça se couvre sérieusement...Difficile de relancer la machine après la pause je monte Rombière en rando tranquille. Bascule sur Mandaille avec un parcours surprise. Au fond de la vallée de Mandaille il pleut des cordes et deux surprises se présentent une montée côté Griou et une autre montée après Benech pour rattraper la descente du piqué qu on devait descendre depuis le Chavaroche. Des conditions apocalyptiques jusqu’à Mandaille, on est trempé avec de la boue jusqu’au chevilles... le physique suis de moins en moins c est le plus en plus difficile de lever les genoux pour relancer et les descentes sont compliquées car très glissantes le corps en arrière a cause de la fatigue...

 Arrivé à Mandaille le physique était bien entamé mais je restais confiant sur mes capacités de finir avec le temps qui faudra conscient que mon objectif de temps de 17h sera pas tenu.  Me voilà parti direction le buron de Cabrespine avec une montée interminable , des gens qui vomissaient et des conditions météo difficiles. Arrivé au sommet je retrouve des ressources pour relancer un petit trot sur le plat et en descente jusqu’à Lascelles mais j avais déjà accusé le coup sur le passage des passerelles de la vallée de la Jordanne...j avais de plus en plus de mal à relancer alors que les 20km restants étaient assez roulant . 

Je fais le plein à Lascelles et me voilà reparti pour 20km de Rando avec pour seul objectif de rejoindre la ligne d arrivée. L'enfer ! je ne m'étais jamais vu comme ça impossible de lever les genoux pour trottiner même en descente avec de la boue, de la boue et de la boue ... et à la fin des ampoules, des pieds frippés par l humidité avec des petit graviers incrusté dedans.
 
Plusieurs personnes me demandent si ça va et me proposent de trottiner avec eux mais impossible et on va pas se faire mal ...
Ca y est j arrive à Aurillac toujours en rando puis dans derrière ligne droite sous l impulsion des encouragements je trouve la force de trottiner jusqu’à la ligne d arrivé content de retrouver mes proches qui m’on suivi toute la journée. 

Bilan des courses je fini en 19h20min à la 149eme place fier d avoir fini et de récupérer la veste de finisher mais au fond dessus de mon temps . Sûrement parti un peu trop vite et je pense avoir un peu trop stressé en avant course ce qui peux expliquer les courbatures d avant course mais bon c est pas grave on apprend il y a toujours du positif à en tirer. 

 Ce format de course est qd même ingrat car ça nécessite beaucoup d entraînement et de sacrifice et tout peux tomber a l eau sur des fait de course comme la météo et l état de forme le jour J .   Je suis qd même motivé pour en refaire un pour prouver que suis capable de mieux faire !   Maintenant je vais faire un peu de vélo de route avec en ligne de mire l étape du tour le 21juillet et quelques trail court pour reprendre un peu de vitesse.

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Caro sur le 43 km

La course avant la course ! perdant un peu mes habitudes de bonne GO, je sauve les meubles en partant vendredi soir avec Julie de Arverne Outdoor , qui m'invite même à dormir chez son frère à Aurillac ! OUF , elle me sauve d'un levé aux aurores samedi matin pour rejoindre les bus à Aurillac à 7h30!

Vendredi soir, la pluie tombe en continue, grosse pensée pour nos amis Ultra-Trailleurs qui vont être les 1ere à s'élancer ! Samedi , petit déjeuner complet puis direction les bus qui nous montent à Mandailles pour prendre le départ !

Il est 9h les premiers ultra-traileurs viennent de passer à Mandailles km 70, il est temps pour nous de s'élancer en direction du col de Redondet puis Chavaroche ! La Gore-Tex est dans le sac , pluie annoncée au sommet !  La montée étire le peloton , il fait froid , on repasse en mode couvert , on bascule dans la descente, dommage la vue n'est pas des plus splendides ! A ce moment là , je suis bien , pas en grande forme mais je gere ma descente dans la boue ! Julie me rattrape, on fait un bout de chemin ensemble, enfin le soleil pointe son nez et on peut apprécier quelques panoramas sur le massif cantalien !

A Lascelles, km 22 la moitié de course est faite et le plus dur est passé.... direction st Simon puis Aurillac ! Il reste une 20aine de km  bien roulant, je continue ma petite aventure en solo, direction l'arrivée que je franchis quelques heures plus en 5h49 , 15e F il me semble !

me voilà à Aurillac .. seule, frigorifiée et crado, je file acheter un bouquet de fleurs pour mes hôtes  et un ticket de bus pour retourner . Julie franchit la ligne d'arrivée entre-temps, douche chaude, bière et hop me voilà repartie à la maison en blabla-car avec 2 métaleus tatoués et cheveux longs qui  se demandent encore à quoi ça sert de faire du trail !

Comme d'hab, le Cantal c'est beau, c'est froid, c'est dur , l'UTPMA c'est chouette ... on reviendra sans doute un jour pour tenter le 105 km !

Caroline C